HAIKU DU COEUR N° 7

Toute la journée j’ai porté
un chapeau qui n’était pas
sur ma tête

Ce haïku est de Jack Kerouac et comme tout haïku magnifique, il a pour qualité de parler à tout le monde.
En effet, lequel d’entre nous n’a jamais eu le sentiment d’être totalement étranger à la situation qu’il était en train de vivre : une réunion qui ennuie au plus haut point, une rencontre qui indispose, une sortie qui mécontente.
De manière complémentaire, il y a aussi ce que le bon sens populaire désigne comme le fait de « faire porter le chapeau » : un dysfonctionnement, une erreur, et vous voilà tout désigné comme responsable ; un incident et de suspect vous en devenez le coupable pointé du doigt. Ainsi en est-il des chapeaux, de couvre-chef ils peuvent devenir attributs pour des victimes car il vous désigne à la vindicte.
Jack Kerouac manie ici ces notions avec beaucoup d’humour. S’il laisse apparaître les dangers de la relation à l’Autre, le ton employé laisse présager qu’il n’y a pas de dégâts collatéraux. Sans illusion peut-être sur la capacité de l’un ou de l’autre à pouvoir se remettre en cause, au soir qui tombe, il préfère enlever le chapeau avec ironie et ne pas « se mettre martel en tête ».

Jean Le Goff

24 novembre 2012

Haïku extrait de « Le livre des haiku » de Jack Kerouac. éditions La Table Ronde. Paris 2006. 430 pages.

2 réflexions au sujet de « HAIKU DU COEUR N° 7 »

  1. Kerrrrouac n’a-t-il porté ce chapeau pour sauver un de ses compagnons de route?Il était souvent
    le plus lucide lors de ses équipées…

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