Une poétesse rebelle : Hồ Xuân Hương

Bonjour tout le monde,

Pour remercier Jean Le Goff qui, en ce jour de la Saint Valentin, nous a rappelé la magnifique poétesse japonaise Ono no Komachi, je voudrais vous offrir un poème de notre « poétesse rebelle » Hồ Xuân Hương (Parfum Printanier), qui a vécu au Viêt Nam à la fin du 18ème et au début du 19ème siècle.

Elle occupe une place particulière dans la littérature viêtnamienne : c’était une féministe d’avant l’heure qui se moquait de l’establishment (mandarins corrompus, bonzes dépravés, lettrés prétentieux….). En outre, dans une deuxième lecture, ses poèmes décrivent le sexe et les jeux de l’amour.

Bien amicalement.

Dông Phong

 

Une poétesse rebelle : Hồ Xuân Hương

 

Quả mít

Thân em như quả mít trên cây,

Vỏ nó xù xì, múi nó dày,

Quân tử có yêu thì đóng cọc,

Xin đừng mân mó nhựa ra tay.

 

Traduction par Dông Phong :

Le fruit du jaquier.

Le corps1 de votre sœur est comme le fruit du jaquier2,

Sa peau est rugueuse mais ses quartiers3 bien épais,

Si vous l’aimez, ô Messire, percez-le avec votre piquet4,

Ne le pelotez pas, sinon sur votre main sa sève va couler.

1. En viêtnamien thân signifie à la fois le corps et le sort.

2. Encore appelé arbre à pain et le fruit s’appelle jaque.

3. L’intérieur du jaque est composé de nombreux quartiers pulpeux appelés fructules.

4. On a l’habitude de planter les jaques sur des piquets au soleil pour accélérer leur mûrissement.

(Extrait de Dông Phong, Des poètes de ma terre lointaine, Éd. Publibook, 2008).

 

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