HAIKU DU COEUR N° 47

APPEL DU PIED

Dans son coin un camélia
sent la présence d’un prunier

Hayasshibara Raisei
(1887-1975)

Ce poème issu de l’ouvrage intitulé « Poèmes de tous les jours », me paraît aujourd’hui fort utile afin de stimuler la venue de ce printemps tant attendu. Comment ne pas être captivé par ces deux vers qui évoquent magistralement l’envolée florifère de la saison printanière ? Celle à laquelle nous aspirons à cette époque de l’année et qui offre des variations notoires selon les régions.

Mimosas, forsythias, camélias, magnolias, lilas, cerisiers, pruniers … combien de ces messagers sont attendus ! Les uns diront que les camélias s’en sont donnés à coeur-joie, d’autres préciseront que cela ne saurait tarder. En tout état de cause, le cycle des éclosions est en marche et c’est à cet émerveillement chaque jour renouvelé que la nature nous convie à présent.

La poésie s’en fait le relai comme dans ces deux vers, magnifiques, et avec ce rien d’évidence pour évoquer le renouveau ; l’esprit haïku dans toute sa quintessence.

Pour aiguiser ma curiosité, j’ai recherché d’autres traductions de ce poème et dans « Anthologie du poème court japonais », je le retrouve à la page 52 au côté de Yosa Buson et Taneda Santôka et traduit de la manière suivante :

En secret
le camélia devine
la présence du prunier

c’est d’ailleurs dans ces version qu’il est passé à la postérité aujourd’hui. Quant à nous éclairer sur la biographie de Hayashibara Raisei son auteur, et l’histoire de ce poème, c’est une autre affaire, ma curiosité dans ce domaine reste inassouvie.

Jean Le Goff

30 mars 2013

L’oeuvre d’introduction est extraite de Poèmes de tous les jours. Anthologie proposée, commentée par Ôoko Mokoto. Traduction du japonais par Yves-Marie Allioux. Editions Picquier Poche. Paris 1995. 230 pages
Haïku de forme classique extrait de l’Anthologie du poème court japonais. Présentation, choix et traduction de Corinne Atlan et Zéno Bianu. nrf / poésie / Gallimard. Paris 2008. 238 pages.

Une réflexion au sujet de « HAIKU DU COEUR N° 47 »

  1. Ce matin toujours pas le printemps, j’attends… même les oiseaux sont enroués !
    Tout rouge hier
    ce matin sous la pluie
    –camélia rouillé

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