HAIKUDU COEUR N° 55

CONTEMPLATION

Un moine étudie –
écho de la chute
des pétales de cerisier

Yotsuya Ryû

Cette oeuvre est extraite de Haïku du XXème Siècle, le poème court japonais d’aujourd’hui.

De prime abord, on serait tenté d’affirmer que plutôt qu’un parmi d’autres haïkus du XXème Siècle, celui-ci est un haïku de toujours.

Tant que les cerisiers refleuriront chaque année, l’homme sera à ses côtés pour étudier, ressentir, s’extasier de leur spectacle et ceux que nous offre la nature à chacune de ses saisons.

Avoir choisi ou observé un moine en, particulier, renvoie ici à la dimension spirituelle de l’existence. Il suffit de parcourir ou regarder le Monde pour s’apercevoir que la Foi est certainement l’une des valeurs les mieux partagées sur la planète. Dans sa diversité, elle se présente à chacun d’entre nous sous de multiples aspects.

Si la foi en l’Homme n’est pas la moins visible aujourd’hui – et c’est tant mieux – elle se manifeste par l’écrit, notamment grâce au web qui nous permet de communiquer et le foisonnement qu’il provoque ne traduit pas moins cette profusion.

Le haïjin contribue à ce foisonnement, il s’exerce, il partage, il étudie, il échange autour de la plus concise des expressions poétiques du monde.

Cette forma d’expression nous est arrivée en droite ligne de l’archipel japonais à une époque où la foi chrétienne qui imprègne notre histoire s’est mise à vaciller sous l’effet de la révolution industrielle puis des conflits idéologiques qui suivirent.

Le goût du beau, du simple, de l’épure surmonta allègrement celui de la concurrence, de la compétition, de l’abondance, du produit de masse.

Il suffit de s’arrêter, de stopper l’effroyable machine aliénante, d’écouter le chant du coucou ou la chute d’un pétale fût-il de cerisier pour (re)-devenir sinon heureux du moins sage.

La nature nous incite à cette sagesse et pour ma part, je ne connais rien de plus quiet que de m’asseoir le livre et/ou le stylo à la main sous un arbre et étudier l’ombre du temps qui passe.

Jean Le Goff

4 mai 2013

Bibliographie :

Haïku du XXème Siècle, le poème court japonais d’aujourd’hui. Présentation, choix et traduction de Corinne Atlan et Zéno Bianu. Collection nrf / Poésie. Editions Gallimard. Paris 2002. 220 pages.

2 réflexions au sujet de « HAIKUDU COEUR N° 55 »

  1. Un haïku vraiment zen! « Il suffit de s’arrêter, de stopper l’effroyable machine aliénante, d’écouter le chant du coucou ou la chute d’un pétale fût-il de cerisier pour (re)-devenir sinon heureux du moins sage », tout à fait vrai mais encore faut-il pouvoir se désaliéner de cette « effroyable machine aliénante »! Cet état d’esprit est quête vers la sagesse!

    Merci pour ce billet instructif!

    • Merci Claudie, ravi de l’engouement porté à cette chronique. La quête … c’est bien là l’intérêt :  » là où il y a une volonté, il y a un chemin… » disait Roosevelt je crois. Amitiés

      Jean

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