HAIKU DU COEUR N° 104 EDITION SPECIALE SAINT-VALENTIN

DIALOGUE AMOUREUX

La fête des amoureux donne lieu dans cette rubrique à une édition spéciale. Je suis heureux de vous offrir la version 2014 en souhaitant que les lecteurs y puisent l’inspiration qui les rende heureux.

Voici, non pas deux haïkus mais deux tankas très anciens puisque contemporains de la période de Nara – 710-784 – et qui est considérée au Japon comme celle qui vit l’avènement de la poésie.

Fujiwara no Hirotsugu est un lettré, qui en outre, exerce un pouvoir politique ; entré en rébellion, il sera exécuté. Voici en quels termes, il écrit à sa bien-aimée :

Dans chaque branche
De ces fleurs
Des centaines de mots
Sont cachés.
Ne les traitez pas insouciamment !

(Précisons qu’une branche de cerisier accompagnait le poème).

La belle, ne l’entendant pas ainsi, lui répond :

Dans chaque branche
De ces fleurs
Des centaines de mots
Ne sauraient être contenus :
N’ont-elles pas été brisées ?

L’âpreté de la réponse n’altère pas l’élégance avec laquelle elle est exprimée, n’est-ce-pas ? A la lecture de ces vers, on ne peut s’empêcher de constater qu’aussi désarmant que puisse être le jeu des sentiments, il peut ne pas exclure une forme de délicatesse, si manifeste dans ce dialogue.

Jean Le Goff

14 février 2014

Bibliographie :

– Anthologie de la poésie japonaise classique. Editions de G. Renondeau. nrf / poésie / Gallimard. Paris 1978. 258 pages.

6 réflexions au sujet de « HAIKU DU COEUR N° 104 EDITION SPECIALE SAINT-VALENTIN »

  1. Bonjour,

    oui je suis votre cyber-cahier depuis le début puisqu’il est la suite, le complément, du site de votre association, aux concours de laquelle j’ai déjà participé, en occitan et en français.
    Je retranscrit 2 ou 3 fois par ans des haiku publiés ici, sans omettre la source, et, comme je le fais librement, c’est à dire sans autorisation, quelqu’un me demanderai d’ôter la traduction, je le ferai sans problème.

    Concernant le « reblogage » de ce billet, ces « quelques lignes » mon fait penser au superbe livre de Jacqueline Pigeot « Mémoires d’une éphémère » dont je parle dans ce billet :
    http://rapieta.wordpress.com/2009/10/27/las-memorias-duna-efemera-kager%C5%8D-nikki-%E8%9C%BB%E8%9B%89%E6%97%A5%E8%A8%98/

    Dans ce livre, l’auteure (936 ? -995 ?) est célèbre pour être la mère de Fujiwara no Michitsuna – Fujiwara no Michitsuna no haha 藤原道綱母 –. Grande poétesse, épouse trompée et délaissée par Fujiwara no Kaneie 藤原兼家 (929-990), dont la famille avait le pouvoir en ce temps là. Ce livre donne par ailleurs quelques exemples des échanges épistolaires entre les deux, avant la rupture.

    Même si le texte de ce billet est antérieure de 200 ans, je lui trouve une permanence dans « l’esprit » avec les poèmes du livre dont parle mon billet.

    JPeire Bertrand

    • Merci pour toutes ces précisions passionnantes au demeurant.
      A très bientôt pour de nouveaux numéros des Haïkus du Coeur.

      Bien cordialement

      Jean Le Goff

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