HAIKU DU COEUR N° 145

Poésie de la solitude

dans ma solitude

une libellule a consenti

à se poser sur le bureau

Hosaï

1885 – 1926

Hosaï fut qualifié de poète de la solitude. Nombre de ses tercets évoquent celle-ci et souvent sous un angle, non pas de bien-être, mais plutôt avec le sentiment de la subir au quotidien. Ses amours de jeunesse contrariées sont vraisemblablement à l’origine de cet état d’esprit que ses errances sous l’emprise du saké ne feront qu’aggraver.

Le poète pose ici en compagnie d’une libellule et attribue à l’insecte une intention qu’on pourrait traduire par de l’empathie que, très certainement, elle n’a pas.

Tout se passe comme si Hosaï était dans l’attente de compagnons de route. Ouvert aux évènements extérieurs, il se satisfait de la présence fugitive de l’insecte qui est parmi les plus vifs à se déplacer.

L’allusion à la fragilité des relations en ce monde mérite d’être énoncée ; élégante et légère, la libellule n’en est pas moins déconcertante par ses sauts dont elle est seule à détenir le secret.

D’une libellule tu feras un personnage lorsque l’absence te pèse, semble nous confier Hosaï. Il peut apparaitre ici comme un exemple d’artiste maudit et incompris que nous pouvons ranger aux côtés de ceux que nous connaissons et qui figurent dans la galerie de notre mémoire collective.

Jean Le Goff

15 novembre 2014

Bibliographie :

– Hosaï, sous le ciel immense sans chapeau.

Poèmes choisis et traduits par Cheng Wing fun et Hervé Collet. éditions Moundarren. Millemont 2007. 124 pages.

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