HAIKU DU COEUR N° 146

 » Les Passantes « 

les vagues montant

jusqu’à ses seins

une femme

Hosaï

1885 – 1926

Note sensuelle : par ces trois vers, Hosaï nous livre une pensée secrète ; de celles qui occupent son esprit lorsqu’il arpente le rivage, drapé de sa solitude incurable. Car cette solitude est subie chez cet homme qui doit beaucoup de ses souffrances au dépit amoureux.

Trois vers peuvent suffire à résumer une idylle ; un haïku peut suggérer une histoire, histoire d’amour ou de rupture, histoire de rencontre, histoire d’émerveillement à la croisée de deux chemins.

Ce haïku m’évoque le très beau poème de Antoine Pol, divinement mis en musique et interprété par Georges Brassens et qui s’intitule « Les Passantes » :

… Alors aux soirs de lassitude

Tout en peuplant sa solitude

Des fantômes du souvenir

On pleure les lèvres absentes

De toutes ces belles passantes

Que l’on n’a pas su retenir.

Et s’il était nécessaire de s’en convaincre, ajoutons que le haïku mène à toutes les émotions… celles-là même qui figurent aussi quelquefois dans les plus belles pages de la poésie française.

Jean Le Goff

22 novembre 2014

Bibliographie :

– Hosaï, sous le ciel immense sans chapeau.

Poèmes choisis et traduits par Cheng Wing fun et Hervé Collet

éditions Moundarren. Millemont 2007. 124 pages.

– Les Passantes : texte de Antoine Pol ; musique de Georges Brassens.

6 réflexions au sujet de « HAIKU DU COEUR N° 146 »

  1. Oui, on aime bien G.Brassens, mais attention le gorille guette ! Le poête Hosaï me semble loin de notre gauloiserie…. Merci Jean pour cette remise en tête du texte de : Les Passantes.

    • Si le marché de Brive-la-Gaillarde est resté dans nos mémoires, il n’en demeure pas moins que Stances à la Marquise de Pierre Corneille ou Gastibelza de Victor Hugo ont également trouvés un nouveau public sous les accords de guitare de Georges Brassens, sans gauloiserie aucune comme d’ailleurs Les bancs publics, Il suffit de passer le pont, Margot, autant de titres qu’il suffit d’évoquer pour ré-entendre l’ami Georges nous les fredonner.
      Amitiés Choupie,

      Jean

    • Georges est toujours présent chez ceux qui aiment la poésie, « mais les braves gens n’aiment pas que … »
      Amitiés

      Jean

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