HAIKU DU COEUR N° 147

RECLUSION

le shoji fermé

la solitude

redouble

Hosaï

1885 – 1926

Le shoji est, comme chacun sait, la porte coulissante qui isole l’habitant dans le logement traditionnel japonais. Né en Chine où il signifie  » barrière de bambous « , il s’est expatrié au Japon depuis des lustres où il est souvent constitué par du papier de riz et laisse passer la lumière. Il apparait souvent dans le haïku classique, marquant la frontière entre le dedans et le dehors.

Hosaï traduit ici qu’un simple geste conduit chez lui à l’enfermement provoquant aussitôt l’acmé du sentiment de solitude qui le ronge.

La plume du poète n’est pas loin de traduire ici une véritable détresse existentielle. Dans la biographie qui nous est parvenue de Hosaï, le lecteur ne lui découvre qu’un véritable ami en la personne de Seisenhui. Âme charitable, ce dernier lui vient en aide à chacun des revers qui émaillent son cheminement.

Après sa disparition, Seisenhui déclarera :  » se débarrasser de tout et être comme le ciel immense était son idéal … Sans possession, telle était sa devise « .

On touche ici au suprême détachement ; sans lien ni avec les êtres, ni avec les choses, Hosaï semble avoir vogué vers un ailleurs qu’il espérait et dont il était le seul à détenir le secret.

Comment, dès lors, ne pas être touché par ce tercet si simple et qui sonne tel un aveu ?

Jean Le Goff

29 novembre 2014

Bibliographie :

– Hosaï, sous le ciel immense sans chapeau.

Poèmes choisis et traduits par Cheng Wing fun et Hervé Collet. éditions Moundarren. Millemont 2007. 124 pages.

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