HAIKU DU COEUR N° 151

NOTE D’HUMEUR DE FIN D’ANNEE

pas même la visite d’un créancier

le dernier jour de l’année

toujours aussi seul

Hosaï

1885 – 1926

Il n’est pas interdit de vivre dans la solitude en conservant le sens de l’humour. Il n’est pas interdit de vivre dans la misère tout en souhaitant voir quelqu’un, fût-il un créancier. L’isolement n’empêche pas la plaisanterie, l’autodérision peut être un gage de bonne santé. Ce tercet démontre combien Hosaï peut apparaitre léger dans son art, malgré le poids de ses malheurs.

Par ce haïku, le Maitre suggère aussi son aversion vis-à-vis de la société qu’il juge imprégnée par des mesquineries et où les valeurs d’humanisme sont bafouées le plus souvent. A ce point de vue les début du vingt-et-unième siècle ne semblent rien devoir, en matière d’individualisme notamment, au siècle précédent. Depuis longtemps donc les « lumières » se sont éteintes, remplacées par les artefacts du paraitre, du profit, de la compétition.

S’il subissait sa solitude, le poète s’employait aussi à se protéger. Assommé de dettes, il n’en demeurait pas moins un homme debout et critique vis-à-vis de son environnement. Acculé à se retirer, Hosaï ne fut toutefois pas réduit au silence et son art du quotidien en témoigne.

Jean Le Goff

27 décembre 2014

Bibliographie :

– Hosaî, sous le ciel immense sans chapeau.

Poèmes choisis et traduits par Cheng Wing fun et Hervé Collet.

éditions Moundarren. Millemont 2007. 124 pages.

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