HAIKU DU COEUR N° 161

Oreiller d’herbes

– Deuxième Partie –

Je vois le ciel

Où il n’y a que

Des fleurs de magnolia

Natsume Sôseki

1867 – 1916

Pas encore … me direz-vous … mais cela ne saurait tarder !

Que cette belle image extraite de l’ouvrage Oreiller d’herbes de Natsume Sôseki ait pour effet de vous  » mettre en bouche  » le formidable spectacle qui nous attend très prochainement.

Au-delà de ce tableau, ce haïku semble aussi recouvrir le sens du message délivré par Sôseki dans son  » roman-haïku « . L’expression Oreiller d’herbes possède au Japon une connotation poétique particulière dans la mesure où elle invite au voyage.

Sur les traces du peintre, héros du roman, Sôseki conduit à un voyage intérieur, la quête d’un ailleurs où chacun des paysages rencontrés, où chaque situation vécue, pourraient faire l’objet d’un tableau, d’une oeuvre, qu’elle soit picturale, poétique, voire musicale.

Pour se faire, l’écrivain se fait le chantre d’une forme particulière de détachement, vis-à-vis notamment des contingences qui parasitent le quotidien :

 » A quoi sert-il de se soucier des mesquineries de notre société ? Si c’est pour mourir de colère comme Timon d’Athènes, mieux vaut vivre seul en cultivant son jardin « .

Pessimiste sans doute, nostalgique très probablement, au fur et à mesure que la maladie s’emparera de Natsume Sôseki, celui-ci n’aura de cesse que de tenter de cueillir l’instant dans ce qu’il a, à la fois, d’étrange et de passionnant.

 » J’aimerai passer quelque deux semaines immobile comme une plante ayant poussé entre les tatamis « , fait-il dire à son peintre dans Oreiller d’herbes, preuve, s’il en est, de la vertu des voyages immobiles.

Jean Le Goff

7 mars 2015

Bibliographie :

– Oreiller d’herbes de Natsume Sôseki aux éditions Rivages. Paris 2007. 169 pages.

Note :

Timon d’Athènes est une tragédie de William Shakespeare et qui s’inspire de la vie de Timon le Misanthrope relatée par Plutarque.

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2 réflexions au sujet de « HAIKU DU COEUR N° 161 »

  1. Deux semaines à capitaliser la lumière, faire son vert sans redouter de faire le légume !
    Merci Jean, pour cet appel d’air qui annonce les beaux jours.

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