HAIKU DU COEUR N° 166

HAIKU DU COEUR N° 166

Beauté fugace

Nulle beauté n’est éternelle et celle de la fleur de prunier n’y échappe pas.

Le tanka qui suit fut écrit au VIII ème siècle à la suite d’un banquet littéraire célébrant la culture chinoise par un poète resté anonyme :

Parle en rêve une fleur de prunier :

 » Je suis assez belle je crois

Pour que vous me mettiez à flotter

dans votre saké « 

Paru dans le Recueil des dix mille feuilles, ce tanka met en scène une fleur de prunier en quête de témoignages d’admiration. Convaincue de son élégance, elle suggère de finir ses jours sur un lit de saké. Nous touchons-là à la quintessence en matière d’esthétique et de pleine jouissance des ressources naturelles.

Imagine-t-on de nos jours des banquets littéraires ? La tendance salon y supplée avec parfois le côté mercantile et incontournable prisé dans cette société qui n’a trop souvent que le commerce pour credo.

Laissons parler les fleurs de prunier, laissons quelque place aux rêves, nous serons que plus heureux.

Jean Le Goff

6 juin 2015

Bibliographie :

Poèmes de tous les jours

Anthologie proposée et commentée par Ôoka Mkoto.

traduction du japonais par Yves-Marie Allioux

éditions Picquier Poche. 1995. 230 pages.

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