HAIKU DU COEUR N° 174

HAIKU DU COEUR N° 174

 

Humain, terriblement humain…

mon ombre semble murmurer

au milieu de la nuit

tandis que je mange

Santôka (1882 – 1940)

Il faut bien l’avouer, les haïkus de Santôka ont une particularité, ils mettent souvent en scène leur auteur. Néanmoins, des éléments biographiques qui nous parviennent ne permettent pas d’affirmer que le Maître était particulièrement imbu de lui-même. Tout au plus apparait-il démuni face à la cruauté du monde et se réfugiant dans la solitude, il lui arrive de s’observer, cultivant du même coup un certain humour teinté de fatalisme.

Par le haïku, Santôka vise à ne rien démontrer, il s’attache à décrire, à marquer d’un onglet blanc les images. Comme exilé hors du temps, il retient l’instant pour mieux se dire au monde. Nous l’avons déjà souligné ici, Santôka cultive un art qui rend attachant, humain, terriblement humain.

Jean Le Goff

1er août 2015

Bibliographie :

– Santôka, zen, saké, haïku.

Poèmes choisis et traduits du japonais par Cheng Wing fun et Hervé Collet. éditions Moundarren, Millemont 2003. 136 pages.

4 réflexions au sujet de « HAIKU DU COEUR N° 174 »

  1. Santoka rend bien la complexité de l’être humain ce n’est pas un ascète. il assume ses faiblesses…. et les transande par la poésie merci de ce bel haiku

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