WAKA DU COEUR N° 226

WAKA DU COEUR N° 226

Impressions – nature

A l’universelle

mélancolie de l’automne

de tes cris plaintifs

n’ajoute point la tristesse

grillon des pins de la lande

Murasaki Shikibu

Bien qu’il ne soit pas réellement d’actualité – profitons encore de ces belles journées ensoleillées de l’été – ce waka me parait particulièrement remarquable quant à l’hommage qu’il rend à la nature.

Le texte d’où il est issu dans Le Dit du Genji précise d’ailleurs :  » le chant rauque du grillon des pins était lui-même, si bien accordé à la tristesse de l’instant, que l’esprit le plus indifférent n’eût manqué semble-t-il de s’en apercevoir. »

Cette impression de communion avec un paysage naturel, un panorama, à partir d’une image, d’une odeur ou d’un son ne manque pas à nos mémoires dès lors où l’on affectionne les voyages.

Qui n’a pas ressenti une vague de nostalgie devant un coucher de soleil en bord de mer ? Qui n’a pas éprouvé une véritable tristesse au passage des oies sauvages ? Qui ne s’est pas attendri à la vue d’un bébé-panda ou de celle d’une course folle de dauphins à la proue d’un navire ?

La nature nous transporte, elle influence tout notre être et palpite en même temps que notre coeur. Ivre de bonheur devant l’océan, nous pouvons nous sentir écrasés devant un sommet en haute montagne, nous sentir bercés par le roucoulement des tourterelles, impressionnés par le brame d’un  cerf.

Lorsque la vie est fade et que sans raison apparente on se sent abattu de tristesse, certains trouvent refuge dans la rêverie, d’autres se mettent en phase avec la nature. La quête du bonheur peut se nourrir d’illusions comme de réalités. Celles qui parsèment notre environnement savent parfois nous subjuguer et l’impression qui en émane alors contribue à la préservation de notre équilibre.

Qu’il me soit permis, avant de clore la chronique de cette semaine, de signaler qu’elle revêt pour moi un caractère particulier. C’est en effet le 200ème article personnel figurant dans cette rubrique.

Je voudrai aussi dédier ces 200 numéros des Haïkus-Waka du Coeur à ma mère récemment disparue dans sa quatre-vingt-treizième année. Elle fut jusqu’à ses derniers jours, une très fidèle et très avisée lectrice.

Jean Le Goff

13 août 2016

Bibliographie :

  • Le Dit du Genji de Murasaki Shikibu aux éditions Verdier; Paris 2011. 1460 pages.
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