WAKA DU COEUR N°231

WAKA DU COEUR N°231

SOUS UN CIEL ETRANGER

Loin de son pays

sous un ciel étranger

l’oie tout comme nous

dans la présence des autres

doit trouver son réconfort

Murasaki Shikibu

Voici venue la fin de l’été : ce nouveau numéro de Waka du Coeur est le dernier de la saison puisque samedi prochain – déjà – nous serons en automne. Et qui mieux que les oies peuvent être habilitées à nous le dire ?

Le Dit du Genji apparait au lecteur comme le récit de l’exil et des amertumes qui en découlent. Quoi de plus naturel pour Le Prince que d’observer les oies sauvages et de s’épancher sur leur vol si empreint de mystère et de nostalgie ?

Ce livre est le roman des conséquences d’une disgrâce et de l’isolement qui en résulte. Dans la région de Suma, l’infortuné prince vit de l’air du temps. Contemplatif, il tente néanmoins d’approcher l’âme-soeur, mais sa seule présence sur ce territoire déshérité suffit à créer un climat d’intimidation peu propice à des aventures sentimentales.

C’est ainsi qu’à l’image de l’oie, le Prince lui aussi est en quête de refuge. Du waka qui ouvre cet article, il me semble que l’expression  » présence aux autres  » prévaut sur toutes les autres et je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec la tragique situation de ces milliers de migrants qui frappent aux portes de nos pays, quémandant une présence qui leur est le plus souvent refusée de la manière la plus cruelle qui soit.

Qu’il est difficile en ce bas monde de trouver son réconfort et que l’exemple de l’oie est signifiant en ces temps, pour les humains, de migrations subies. La poésie revêt ici ses atours de sagesse et elle devrait inspirer les diatribes de nos décideurs à l’heure de faire leurs choix.

L’été s’achève, je vous le disais. Avec lui se clôture le cycle d’évocation du récit Le Dit du Genji de Murasaki Shikibu. Nous en sommes, dans notre lecture à la fin du douzième livre intitulé Suma et qui relate l’exil du héros.

Lecture et évocation de l’oeuvre reprendront à l’été prochain ; nous retrouverons alors le Genji dans ses questionnements, ses doutes, ses réparties au sein d’un monde où les codes nous apparaissent si particuliers.

La semaine prochaine, nous reviendrons au haïku proprement dit et la rubrique redevenue Haïku du Coeur à part entière s’intéressera au haïku japonais contemporain ; poétiquement vôtre et … au plaisir !

Jean Le Goff

17 septembre 2016

Bibliographie :

  • Le Dit du Genji de Murasaki Shikibu aux éditions Verdier. Paris 2011. 1460 pages.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s