HAIKU DU COEUR N° 245

HAIKU DU COEUR N° 245

NUIT D’HIVER

Comme elle est lourde soudain la pluie

Sur le parapluie que j’ai volé

A l’épouvantail

Kyoshi 1874 – 1959

Un nouvel épouvantail nous invite cette fois à entrer dans l’hiver. Celui-ci se trouve dépossédé, non pas de son couvre-chef, accessoire d’incivilité pour celui de la semaine dernière, mais de son parapluie, élément hautement utile par les temps qui courent. Grosse pluie d’hiver, tapageuse sur la toile du parapluie, collante aux chaussures, assommante pour un marcheur dégoulinant au milieu de cette adversité. Grosse pluie d’hiver que l’on s’emploie à éviter autant que faire se peut. Je ne sais pas pourquoi j’imagine ici une scène nocturne et cet homme errant sans protection et qui se trouve réduit à dérober le seul bien d’un épouvantail.

A moins qu’il ne s’agisse d’une pluie rendue lourde par la culpabilité que traine l’auteur du larcin ayant laissé le pauvre épouvantail face aux intempéries. Acte lourd de conséquences pour celui qui le commet et ne peut par la suite se complaire d’être abrité au détriment du sujet sans défense qu’il a croisé. Aurait-il été bien inspiré que de rester partager le parapluie avec l’épouvantail le temps d’une averse ! Mais on ne récrit pas l’histoire et plutôt que d’assumer le poète se morfond. Cela nous vaudra une oeuvre originale autant que sujette à interprétation, bref une oeuvre qui transporte en racontant une histoire.

Triste sire et sans abri à la plume vaillante et qui en appelle d’autres. Je pense à tous ceux qui à cette époque de l’année déambulent ou dorment dehors. La nuit de Noël, c’est ce soir, cette nuit destinée à devenir la plus magique de l’année, celle aussi où surviennent très facilement aux bords des yeux des larmes à défaut d’étoiles lorsqu’on pense à ceux qui sans abri se battent pour survivre. Qu’ils soient d’Alep ou du canal Saint-Martin, leur détresse ne manque pas de nous émouvoir. Une nuit de Noël n’effacera jamais toutes les misères du monde.

Joyeux Noël à Toutes et à Tous !

Jean Le Goff

24 décembre 2016

Bibliographie :

  • Fourmis sans ombre – Une anthologie-promenade de Maurice Coyaud. éditions Phébus. Paris 2005. 313 pages.
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Une réflexion au sujet de « HAIKU DU COEUR N° 245 »

  1. Quelques mots de poésie amènent à de multiples réflexions.ce qui prouve sa nécessité primordiale. Bonne fête de fin d’année .

    Amitiés
    J.p.s

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