HAIKU DU COEUR N° 251

HAIKU DU COEUR N° 251

AIMER LA VIE

J’aime ma vie

comme j’aime

les roses

Midorijo Abé

1886 – 1980

Même s’il ne répond pas à la définition stricte du haïku, on aimerait l’avoir écrit celui-là ! Dans sa simplicité, son dépouillement, l’aveu même qu’il recouvre, ce tercet nous dépose du côté du bonheur.

Loin des vicissitudes, des tracas quotidiens, il prend le parti de l’hédonisme et de la beauté. Il n’y a que la tendresse qui peut inspirer une telle expression. Il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour y percevoir la sensibilité d’une femme amoureuse.

On imagine  » notre  » Pierre Ronsard exulter en entendant des vers de ce gabarit. La poésie n’est peut-être pas le bonheur mais elle lui ressemble souvent.

 » Pour moi donc j’aime la vie et la cultive telle qu’il a plu à Dieu de nous l’octroyer « , soupirait Michel de Montaigne avec gourmandise.  » Il me la faut rendre plus profonde et plus pleine « , confiait-il pour justifier son appétit de savoir et de découvertes. Saisir et profiter de tous les instants de la vie, faire l’éloge de la vie et de ses bienfaits : c’est de cette manière que lui et son ami Etienne de la Boétie sont parvenus jusqu’à nous.

Le haïku lui aussi relève de cette religion, celle de l’instant, de l’instant qui se goûte et qui passe certes, mais avec ce tendre attrait de désir si précieux pour tracer la route.

Jean Le Goff

4 février 2017

Bibliographie :

  • Les essais de Michekl de Montaigne
  • Haïjins japonaises. Anthologie. Du rouge aux lèvres. Traduit du japonais et présenté par Dominique Chipot et Makoto Kemmoku. Points. Paris 2010. 270 pages.

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7 réflexions au sujet de « HAIKU DU COEUR N° 251 »

    • J’ai fait un « re-blog » – le vendredi j’use de cette méthode qui consiste à « voler » un billet chez les autres – de votre billet avec le commentaire suivant :

      « Un haiku au milieu du NaHaiWriMo. C’est ainsi que vous mesurez la distance qui vous sépare du succès. »

      Cordialement

  1. Il faut donner aux femmes la place qu’elles méritent.Ce poème en est une preuve. Je me souviens de Yosano Akiko « Cheveux emmêlés. »…
    Amitié
    Jean Paul

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