Lune ivre

(Extrait du nouveau livre de Dông Phong, Des lunes d’amitié – Hommages à An Amzer Poésies, Ed. Joseph Ouaknine, 200 pages, ISBN : 978-2-35664-093-2, septembre 2014).

 

 

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Poètes de ma terre lointaine, Volume II

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers ami(e)s,

La Lettre de Haïkouest m’a fait plusieurs fois l’honneur de publier mes traductions des poètes de ma terre lointaine.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous annoncer la livraison d’une compilation bilingue des nombreuses traductions que j’ai publiées sur mon blog et sur d’autres media (mon 11ème livre !) :

Poètes de ma terre lointaine, Volume II

310 pages

Reliure ancienne, couvertures en cuir

Éditions Joseph Ouaknine

http://www.ouaknine.fr/bienvenus.htm

ISBN : 978-2-35664-072-7

 

Bien amicalement.

Dông Phong

Préface

Dominique de Miscault

Artiste plasticienne,

Rédactrice en chef de Perspectives France-Vietnam

 

Elles sont belles et passionnantes ces trois cents pages !

On y aborde le Vietnam dans ce qui le meut.

Qu’est ce que cette sélection nous révèle ?

Quelle nécessité a l’auteur du recueil, de partager ses choix avec d’autres ?

Đông Phong a vécu, en pleine adolescence, une époque atrocement troublée dont on ne peut vraiment se relever. C’est donc une réponse à une époque bouleversée du Vietnam contemporain, mais pas seulement, c’est aussi la voix donnée aux pas déterminés et sans retour des exilés. En filigrane le cri de Đông Phong traverse l’histoire en s’attardant sur une espèce humaine dont les fondements sont bouleversés.

Au delà des guerres, de la distance et des déchirures sans sutures possibles, il y a la poésie, les chants des autres derrière lesquels on se cache. Ce sont les vers qui jalonnent l’histoire héroïque et quotidienne du Vietnam.

Naturellement le langage est double, l’auteur en s’appuyant sur la chronologie reconstruit ailleurs sa terre natale. Le Vietnam est revisité, réapproprié avec au loin, l’image d’un paradis perdu et pas seulement, celui de l’enfance.

A grandes enjambées dans le temps et l’espace, Đông Phong jubile et déterre ! Aux origines du Vietnam, un point d’orgue ! Le mythe fondateur, pas à pas en poésie Monts et fleuves de Lý Thường Kiệt. Une page d’histoire à grand coup de vers :

 

 Sur les monts et les fleuves du Sud règne l’empereur du Sud,

Les livres du Ciel ont clairement décidé ainsi.

Mais, féroces barbares, pourquoi les avez-vous envahis ?

Vous ne pourrez forcément qu’être anéantis !

La Nation vietnamienne est née, et son peuple, jusqu’à aujourd’hui, peut s’y agripper ! Mais pourquoi cette nostalgie récurrente qui imprègne la poésie vietnamienne ? Nostalgie comme trésor mais aussi puits de curiosité qui cheville le peuple à sa terre.

L’auteur connaît l’exil mais d’où vient-il ? Sans aucun doute du Nord… Le choix des poèmes le désigne, le dessine. Il y répond lui même, au tournant d’une page, en dévoilant que sa famille est originaire de Sơn Tây, on l’avait presque deviné !

Đông Phong se raconte. …La lune, le thé, la porte ouverte du cabanon, l’eau, la brume, la pluie, entre la terre natale à la terre d’adoption il y a toujours l’eau, les nuages et les larmes, la fleur rose du pêcher au cœur de l’hiver du Nord. Les souvenirs se brouillent, s’intensifient et se relisent.

Evidemment, Nguyễn Trãi et Nguyễn Du sont là, incontournables, mais au centre du recueil apparaissent les oubliés, ceux du silence assourdissant. Bien des questions n’ont pas été résolues entre ces deux guerres pitoyables ; celle des Français et celle des Américains qui se sont liés contre une machine idéologique en oubliant la chair des hommes. Bien des cris ont été ensevelis et Đông Phong s’y attelle et les fait resurgir pour notre plus grand bonheur.

A partir de 1954 le Vietnam a le « dos ensanglanté », c’est la confusion, l’épuisement, les massacres fous… Les poètes portent la libération comme les chants de guerre, mais le peuple est épuisé, las il laisse sa colère diviser et exclure en d’absurdes déchirements : Le pays est balayé de courants antagonistes et fratricides. La confusion c’est la mort, l’ensevelissement.

Tout est interdit, tout est faute !

 

Aujourd’hui

Tout le pays n’a qu’un seul mot d’ordre :

UNIFICATION

Nous croyons en le slogan qui réclame

Rendez-nous le Sud !

Je tourne ma face vers le ciel

La pluie se verse sans arrêt sur ceux qui quittent la terre du Nord…

 

La terreur de l’affrontement précipite celui qui pense et se plaint car,

 

Surgissant de la terre

Est l’armée des prolétaires

Chacun de ses pas fait une grande muraille

Elle a gagné la guerre

Elle sait défendre la paix

Comment imaginer que des patriotes, aussi sincères que Trần Dần, Lê Đạt, Phùng Quán, Hoàng Cầm et bien d’autres qui ont tant fait vibrer le peuple, parce qu’ils avaient participé à tels ou tels mouvements de contestation libertaire se sont vus relégués dans des camps et dans l’oubli ? Il aura fallu plus de trente ans avant qu’ils ne soient réhabilités et finalement reconnus largement en 2007, alors que la plupart d’entre eux étaient déjà morts !

Les émotions se mêlent, le temps vit des maux tragiques, les poètes les chantent.

La tourmente des années de colonisation et de guerres suinte presqu’en creux dans une langue porteuse de liberté et d’amour.

 

Sous la lune intermittente qui s’estompait

Qui donc se plaignait, qui donc soupirait ?

La vie n’était point gaie dans la brume et le vent

Quelqu’un émettait la complainte des  amants

Dans cette fin de nuit où l’amour se  dissolvait lentement

Sur fond de catastrophe humaine, Đông Phong termine sur la pirouette coquine de la cueilleuse de thé et du fieffé voyou non sans avoir rappelé les chants de Trịnh Công Sơn

 

Dors mon enfant

Hò ho ho hó ho hò, tu dors, dors mon enfant

Mon enfant qui dès sa naissance

Sortait déjà de ses lèvres une parole de souffrance

À vingt ans les enfants doivent partir à la guerre

Partir sans retour, ô enfant à la peau jaune de ta mère

Dors mon enfant

Le choix de Đông Phong relève-t-il de l’exil ? Semaison en terre française !

Haïsha à Ker Gwriziad

En passant

 


Chers ami(e)s,

Pour remercier la commune de Saint Avé (Morhihan) qui nous a si bien accueillis depuis quarante ans, je viens de publier ce recueil :

Haïsha à Ker Gwriziad

Hommage à Saint Avé

76 pages

ISBN : 978-2-35664-0666-6

Éditions Joseph Ouaknine

54, rue du Moulin à Vent

93100 Montreuil

http://www.ouaknine.fr/bienvenus.htm

Le recueil est honoré d’une préface de Monsieur Hervé Pellois, maire de Saint Avé, et d’un avant-propos très savant de notre ami Alain Legoin.

Ker Gwriziad ou la Maison des Racines est le nom breton de notre maison. Nous y avons transplanté nos racines.

Dông Phong

 

 

En passant

Dans le cadre de nos ateliers d’écriture longue

Edition du roman « Comme l’amarre glisse à l’eau »

Ed. Les oiseaux de papier – 56800 – Ploërmel

15€

Kergrist, commune du Morbihan, organise tous les deux ans une fête pour toutes les personnes de ce patronyme. En 2010, lors  du dixième anniversaire du rassemblement, certains invités apprendront la mystérieuse disparition de Loïc.

Trois années, trois longues années sans aucune nouvelle de ce photographe professionnel parti en reportage au Venezuela. On parle, on s’interroge… Quelques-uns semblent être sur une piste : Yann en Afrique, Gisèle en France, Gwen au Pays de Galles. Marcelle pense l’avoir croisé…

Est-il possible que Loïc soit encore vivant ? Que lui est-il arrivé ? Pourquoi se cacherait-il ?  Où peut-il bien se trouver ? Et même si Sonia semble accepter l’idée que son mari puisse ne jamais revenir, Virgil, son fils, ne cessera de penser qu’il pourrait le retrouver.

Deux ans plus tard, tous se retrouveront à la fête…

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Découvrez cette expérience unique d’une écriture à huit mains en atelier (dont 7 personnes de l’Association L’Essaim d’Abraham), production dirigée durant 10 mois par Alain Legoin, fondateur, animateur et secrétaire de Haïkouest.

Alain vous propose une souscription jusqu’au 15 décembre 2011 : 12 €

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Envoyez votre réservation par haiku575@hotmail.fr

ou par le formulaire dans haikouest.net – page « évènements »

Adresse d’envoi du chèque à l’ordre de : Alain Legoin

 Haïkouest – 1 rue des hortensias – 56120 JOSSELIN

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Merci beaucoup de votre intérêt pour notre travail littéraire

Cette année, le thème de son travail est : « les 7 péchés capitaux + 1″

à bientôt…

 

Sous les vents d’Ouest

En passant

Chers ami(e)s,

Le calendrier des éditeurs se produit de façon aléatoire, et j’ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon recueil de haïku bilingues :

Sous les vents d’Ouest

Dưới làn gió Tây

82 pages

ISBN : 9782748368154

Aux Éditions Publibook

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782748368154

 

L’ouvrage est honoré d’une préface de Monsieur Alain Kervern, le grand spécialiste de la culture japonaise.

Dông Phong

Préface

Alain Kervern

Il est dit-on une coutume au Viêt-Nam qui conduit chacun, pauvre ou riche, lettré ou homme du peuple, à émailler la conversation quotidienne de dictons et de sentences reconnus par tous comme des leçons de sagesse ou des règles de bonne conduite.

C’est un peu cet esprit souriant et malicieux que l’on retrouve sous la plume de Dông Phong, l’auteur de ce recueil, dont le pseudonyme signifie « Vent d’Est ». Et ce vent d’est est ici le symbole d’une philosophie optimiste de l’existence, puisque selon la tradition chinoise de l’almanach des saisons, c’est le vent d’est qui apporte le printemps.

La majorité des compositions de ce recueil portent la marque de la culture d’origine du poète. Il nous propose ici un ensemble de courtes annotations personnelles, tel un journal écrit « au fil du pinceau », d’où se dégage un parfum délicat, fruit d’une confluence entre Extrême Orient et Extrême Occident. Car le bilinguisme de l’ensemble introduit une dynamique heureuse quand ces deux langues se répondent d’un poème à l’autre, se nourrissant l’une de l’autre, en un « kan ha diskan* » britto-viêtnamien tout à fait inédit et porteur d’innovations et de trouvailles poétiques.

Inspirés d’une forme japonaise, les haïku de Dông Phong expriment avec simplicité la rencontre limpide des êtres et des choses de la vie de tous les jours. Ce genre poétique court, qui fait plus appel aux sensations qu’aux sentiments, permet à notre auteur de marier l’humour des dictons et des aphorismes de sa terre natale, avec l’expression toute de retenue et de pudeur propres à la sensibilité bretonne, enrichie d’une érudition propre à la matière celtique.

C’est donc le «Vent d’Est » qui se glisse avec aisance entre ces pages pour nous faire partager ce que l’existence quotidienne nous révèle de nous-mêmes et du monde.

* Expression bretonne signifiant chant et contre- chant ou chant à réponse qui accompagne des danses traditionnelles (Note de DP).