HAIKU DU COEUR N° 218

HAIKU (WAKA) DU COEUR N° 218

EN GUISE D’ADIEU

A présent nos routes

pour toujours vont s’écarter

quand dans ma détresse

j’eusse certes souhaité

suivre celle de la vie

Murasaki Shikibu

En guise de divertissement et pour nous éloigner un peu du haïku proprement dit tout en s’intéressant à ses origines, je vous propose pour toute la saison d’été une balade dans l’oeuvre monumentale attribuée à Murasaki Shikibu et qui constitue l’une, si ce n’est la pièce maîtresse de la littérature japonaise, j’ai nommé Le Dit du Genji.

Dans l’introduction qu’il consacre à ce récit paru aux éditions Verdier, René Sieffert rapporte cet avis :  » De tous les trésors du Japon, le Genji monogatari (entendez Le Dit du Genji en français), est de loin le plus précieux  » écrit en 1473 Ichijô Kanéyoshi (1402-1481), homme d’Etat. Plus loin Sieffert ajoute combien les inconditionnels de l’oeuvre virent en elle :  » la parfaite illustration de l’universelle impermanence de ce monde et de la vanité de toute entreprise humaine « .

Murasaki Shikibu naquit aux alentours de 978 et le livre fut écrit entre 1005 et 1014. Dame de Cour, on connait que bien peu de choses de sa biographie, sa véritable identité n’étant d’ailleurs pas celle qui lui a survécu. Il s’agirait d’un pseudonyme, le murasaki est une herbe sauvage dont on extrait une teinture, le pourpre impérial.

Le Dit ou monogatari apparait à l’origine comme un texte poétique pouvant être lu à haute voix. Son caractère d’universalité conduit à constater qu’il n’a guère pris de rides. Il relate les observations, les réflexions, les sentiments, les commentaires d’une dame de Cour de l’an mille.

Vous préciser enfin dans cette brève présentation que le texte est parsemé de nombreux waka : poèmes de trente-et-une mesures, ancêtres des haïkus. Nous en sélectionnerons un chaque semaine afin de vous apporter un éclairage sur cet ouvrage extraordinaire.

Le poème figurant en ouverture de cet article est le premier qui apparait dans le récit. Il s’agit de l’ultime réflexion de la favorite de l’Empereur, un ultime écrit délivré à son amant  avant de quitter le monde. La peine de l’Empereur va s’avérer immense.

Jean Le Goff

18 juin 2016

Bibliographie :

  • Le Dit du Genji de Murasaki Shikibu aux éditions Verdier. Paris 2011. 1460 pages.
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Une réflexion au sujet de « HAIKU DU COEUR N° 218 »

  1. Un bonheur de lire un poème écrit par une femme japonaise . L’an mil c’est loin mais les dames de la cour étaient cultivées. En Europe aussi des femmes troubadours savaient joindre musique et poème.
    Ce poème est d’une belle modernité dans son expression.
    Bravo Jean .Une autre!!!
    amitié
    J.P.

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