HAIKU DU COEUR N° 101

FAISCEAU DE LUNE

Aux admirateurs de la lune
les nuages parfois
offrent une pause

Matsuo Bashô
( 1644 – 1694 )

Bien que trop rare à mon goût – voir le Haïku du Coeur n° 98 intitulé Ces merveilleux nuages – l’initiative mérite d’être saluée. Dans son encart  » Rimes riches  » consacré à la Poésie, l’hebdomadaire Télérama de la semaine du 18 au 24 janvier 2014 publie des haïkus de Matsuo Bashô extraits de  » La poésie sous toutes ses formes « , anthologie récemment publiée aux éditions Folio. Souhaitons que ces  » mises en vitrine  » du haïku se multiplient au cours de l’année et apprécions le choix de celui-ci tant il ravit le coeur par la pertinence de son propos.

L’oeuvre apparait également dans l’anthologie consacrée au Maître du haïku et titrée Bashô, Seigneur ermite, et ce, de la manière suivante :

Les nuages épars
nous reposent
d’admirer la lune

Fascinante lune, observée depuis le fond des âges, privée de lumière, son reflet nous parvient grâce au soleil et ce faisant, elle incarne toutes les digressions de nos imaginaires. Naturellement, on la retrouve à toutes les périodes de l’Histoire comme le symbole de la périodicité, du renouveau, de la transformation.

La lune au crépuscule appelle au rêve et fait un clin d’oeil à l’inconscient qui somnole en chacun d’entre nous. Elle apparait même dans certains textes comme le lieu du séjour immortel. De là à penser que d’aller y poser le pied de nos jours relèverait de ce mythe… Je vous en laisse juges. Les Américains s’y sont employés avec réussite à partir de 1969, les Chinois seraient sur le point de leur emboiter le pas.  » Petit pas pour l’Homme, grand pas pour l’Humanité « , s’exclama Neil Armstrong… Pourtant les bénéfices restent toujours à démontrer.

Matsuo Bashô était très éloigné bien entendu, de ces considérations lorsqu’il composa son oeuvre. Cependant ce tercet peut apparaitre au second degré et de manière intemporelle comme un constat d’une grande simplicité et d’une non moins grande profondeur de vue.

Ainsi la présence des nuages peut sembler aussi comme salutaire afin de s’éloigner des distractions. Appliqué aux questions d’environnement quotidiennes sous toutes nos latitudes, ce tercet peut être une incitation implicite à garder raison sur terre et au-dessous des nuages.

Jean Le Goff

25 janvier 2014

Bibliographie :

– Hebdomadaire Télérama n° 3340 semaine du 18 au 24 janvier 2014
– La Poésie sous toutes ses formes. Anthologie présentée par Marianne Chomienne. Haïkus traduits par Corinne Atlan et Zéno Bianu. Editions Folio classiques. 2014. 178 pages
– Bashô, Seigneur ermite. Edition bilingue de Makoto Kemmoku et Dominique Chipot. La Table Ronde. 2012. 474 pages.
– Dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant. Editions Robert Laffont. 1991. 1060 pages.

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