WAKA DU COEUR N° 230

WAKA DU COEUR N° 230

AMOUR COURTOIS

Tandis que moi-même

au loin m’en irai errant

du moins mon image

en ce miroir qui vous reste

de vous ne s’éloignera

Murasaki Shikibu

L’image est d’une subtilité exquise bien que le propos – sa traduction tout au moins – apparait un peu tarabiscotée. J’ai vérifié : le terme tarabiscoté figure bien au dictionnaire et est employé pour désigner une surcharge d’ornements compliqués. Coïncidence, ce même dictionnaire donne l’exemple de l’écrivain au style tarabiscoté.

De par son rang, le prince qui s’exprime ici, n’est guère habitué à formuler les choses de manière simple. L’élan amoureux ajouté, le style s’en trouve d’autant plus sophistiqué qu’il s’agit en outre de plaire à la belle sans l’effaroucher.

Le récit stipule ensuite qu’après ce propos, elle murmure comme pour elle-même :

Ah s’il se pouvait

que l’image vous parti

du moins me restât

en ce miroir l’observer

certes me consolerait

Vous en conviendrez avec moi, le second waka répond admirablement au premier et le dialogue rapporté par Murasaki Shikibu apparait magnifique et digne de figurer dans les riches strophes de la poésie amoureuse à la rubrique amour courtois.

Jean Le Goff

10 septembre 2016

Bibliographie :

  • Le Dit du Genji de Murasaki Shikibu aux éditions Verdier. Paris 2011. 1460 pages.

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